Ce n’est pas sans émotion… mais j’ai choisi de mettre un terme à mon mandat de Président du Medef Mayenne.

Ce n’est pas sans émotion… mais j’ai choisi de mettre un terme à mon mandat de Président du Medef Mayenne.

Eric Hunaut qui dirige lui aussi une entreprise patrimoniale, me succède pour les trois ans à venir. Je vous livre mes réflexions après 5 années passées à la tête de l’organisation patronale en Mayenne. 

  • Les entrepreneurs ont besoin d’un Medef national fort : 

La mission du Medef présidé par Geoffroy Roux de Bézieux est de défendre les entreprises et d’avoir une démarche offensive en gagnant des points sur les sujets qui préoccupent les entrepreneurs.

La fiscalité devient insupportable. Notre pays est le champion du monde des prélèvements obligatoires. Il est nécessaire de faire baisser les impôts directs, les impôts indirects, les impôts sur le travail, les impôts sur la production, les impôts nationaux et les impôts locaux. 

Les normes et autres contraintes doivent être réduites. Le président de la République avait dressé un constat lucide pendant sa campagne électorale en constatant qu’à vouloir faire des lois qui protègent, celles-ci se transforment souvent en normes qui entravent la vie des entreprises et des citoyens. 

Le déficit public atteint le niveau record de 100% du PIB. Il est indispensable de le réduire en réformant les administrations pour qu’elles deviennent plus efficaces. 

Les responsables politiques doivent cesser de changer les règles du jeu tous les six mois. Les entreprises ont besoin de stabilité pour investir et lancer des projets.

Une véritable politique de l’emploi doit être mise en place pour mettre un terme à 40 ans d’échec. Le chômage de masse est un fléau national. Le taux d’activité de notre pays est faible. La valeur travail se dégrade chaque jour. 

Emmanuel Macron et le gouvernement sont certes plus favorables aux entreprises que la présidence de François Hollande, mais le contexte social, le ras-le-bol fiscal, l’attente d’une nouvelle politique plus équitable n’est pas sans menace pour l’avenir. 

 La tentation est grande d’apporter des réponses politiciennes contraires aux intérêts des entreprises, de leurs salariés et donc des Français. Le malus sur les contrats courts est l’exemple de ces fausses bonnes idées démagogiques qui menacent le redressement économique. 

Voilà pourquoi les entrepreneurs ont besoin d’un Medef national fort.

  • Les entreprises vont jouer un rôle grandissant dans la société

Révolution numérique, prise de conscience des enjeux environnementaux, attentes des nouvelles générations.

Ces changements nous obligent à dépasser le cadre des sujets régaliens de l’entreprise pour aller vers celui du partage de la création de richesses, de la finalité de l’entreprise, de la place des hommes dans l’organisation. Les entreprises doivent être des acteurs de ce que j’appelle la raison sociale augmentée.

 La crise sociale que nous connaissons dépasse le ras-le-bol fiscal. C’est aussi une crise de défiance envers nos institutions. Emmanuel Macron a été élu sur un programme de transformation de la France. Les Français doutent aujourd’hui que les réformes engagées soient bonnes pour le pays. Ils doutent qu’elles soient justes pour chacun d’entre eux.  

 Le défi des entrepreneurs est de recentrer les débats sur l’essentiel. La place du travail dans notre société, le rôle et la contribution des entreprises. Il faut pour cela traiter ces thèmes en associant développement et social, développement économique et environnement, développement économique et démarche responsable.

L’entreprise doit donc être un acteur essentiel sur tous les sujets de société.

  • La Mayenne, un modèle pour l’avenir de la France. 

Vivre et travailler en Mayenne forment un tout. Les entrepreneurs de notre région sont actifs dans des domaines comme le sport, la culture et l’éducation pour permettre aux femmes et aux hommes qui travaillent dans leurs entreprises de mieux vivre sur leur territoire.
Il n’est pas besoin d’être un grand humaniste pour défendre ces engagements. Il suffit d’avoir la volonté de mener une démarche responsable au service des autres. 

Il est indispensable de faire prendre conscience aux responsables politiques et aux Français du rôle des entreprises pour bâtir l’avenir de notre pays. Cette démarche est indispensable pour accompagner les réformes et les faire admettre par les Français. 

 La Mayenne est la preuve que c’est possible. Notre taux de chômage n’est que de 5,6% grâce à un réseau d’entreprises allant d’un champion mondial comme Lactalis à des PME et TPE innovantes. La manifestation Laval Virtual est devenue le premier salon mondial des technologies du virtuel. Elle accueille chaque année plusieurs centaines d’exposants, des start-up, des entreprises, des chercheurs, des artistes. 

Notre fiscalité est maitrisée. Notre territoire est connecté. La voix de l’entreprise est écoutée et respectée. Les salariés sont plutôt fidèles à leurs employeurs et aiment le travail bien fait. 

Voilà pourquoi je pense que le modèle mayennais est un modèle pour notre pays.

SAMUEL TUAL, PRESIDENT DU GROUPE ACTUAL LEADER

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