Lundi dernier, j’ai eu la chance immense d’assister à la dernière étape en France du pape Léon XIV, au nom du Mouvement des Entreprises de France. Quatre jours de Paris à Lourdes puis en Lorraine, et près d’un million de Français venus à sa rencontre.
Chacun gardera, une image, un message, une référence de ce voyage. Pour ma part plusieurs séquences m’ont marqué. Pour le samedi, je garderai longtemps le souvenir du contraste incroyable entre la joie et la liesse de voir le pape déambuler sur les champs Élysée et l’incroyable silence au moment de la messe. Et puis il y a eu ces nombreux bébés et enfants bénis, avec en fin de cortège la bénédiction de mon petit-fils. Quelle émotion ! J’y ai vu un geste d’espérance pour moi, et pour nous tous, mais aussi évidemment un message pour le respect de la vie.
Au fil de ces journées, une image s’est imposée : celle des bâtisseurs. Le voyage s’était ouvert à Notre-Dame, rendue au monde par le travail des artisans et des compagnons. Il s’est refermé à Metz, où le pape a comparé la paix à une maison qu’on bâtit. Elle demande, a-t-il dit, « un véritable travail de chantier », des forces et des compétences mises en commun. Robert Schuman, qu’il a longuement cité ce jour-là, voyait déjà l’Europe se faire « par des réalisations concrètes ». Ces mots, je les comprends de l’intérieur. Bâtir, c’est notre quotidien de chefs d’entreprise.
Et puis il y a eu tous ces jeunes. Au Stade de France, le pape les a mis en garde contre une vie qui pousse « à tout avoir, mais à n’être personne ». À Metz, il les a appelés à devenir « des bâtisseurs de communautés ». L’expression me touche particulièrement, parce que je la vois à l’œuvre chaque jour. Et puis il y a eu la référence à Saint Benoît et la dignité des personnes par le travail avec, même, une obligation morale de s’y soumettre. Chez Actual group, nous accompagnons au quotidien des jeunes vers l’emploi. Ils ont de l’énergie à revendre. Il leur faut parfois simplement une porte ouverte, et c’est à nous, entreprises, de la leur ouvrir.Il y a enfin cette phrase, prononcée à Metz en évoquant les vitraux de la cathédrale. L’avenir de l’Europe, a dit le pape, réside dans « l’harmonie des différences ». Je la crois vraie pour un continent, je la sais vraie pour une entreprise.
Il serait néanmoins difficile de ne pas remarquer le contraste avec l’actualité, notamment celle des lycéens qui sont en manque de repères et d’espérance. Il faudra du temps pour que tout ce que nous avons entendu infuse en nous. Je fais le vœu que ces paroles nous donnent envie de bâtir, tous ensemble.



