Chaque hausse du coût du travail finit par peser sur un recrutement, un investissement ou une formation. Alors que la croissance est nulle et que les recrutements ont reculé de 20% au premier semestre selon Syntec, le gouvernement a décidé d’alourdir le coût du travail de 2,2 milliards d’euros.

Un choix lourd de conséquences, car chaque euro ajouté au coût d’une embauche la rend moins probable. Cette mesure fragilise un peu plus un marché déjà tendu, où les jeunes diplômés et les apprentis sont les premières victimes.

Nous voulons tous plus d’emplois, plus de pouvoir d’achat et plus de croissance. Pourtant nous continuons à faire peser une part très importante du financement de notre modèle social sur le seul travail. C’est l’un des paradoxes français, et cette décision de juin l’illustre parfaitement.

Quand le travail coûte trop cher à l’entreprise qui embauche et rapporte trop peu au salarié qui travaille, nous créons une tension dont personne ne sort gagnant. Sur le terrain, dans les entreprises, cette question n’a rien de théorique. Elle se voit dans chaque décision. Elle pèse sur la capacité des entreprises à embaucher, à investir, à former, et sur la capacité des salariés à mieux vivre de leur travail.

Dans sa stratégie pluriannuelle de redressement des comptes publics par la dépense, le Medef propose de poser clairement ce débat : comment financer autrement notre protection sociale, sans continuer à pénaliser le travail ? Réduire les cotisations sociales, c’est alléger le coût de l’emploi et aussi augmenter directement le salaire net.

Le sujet mérite mieux que des réflexes pavloviens, car il ne s’agit pas d’affaiblir notre modèle social, mais de lui redonner des bases plus solides.