J’ai eu le plaisir d’intervenir aujourd’hui au Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique lors des Premières Rencontres des fondations actionnaires organisées par Prophil et DeFacto.

Aux côtés de Anne Leitzgen (Groupe Schmidt), Olivier Monin (Groupe Monin) et de Pierre-Yves Revol (Groupe et Fondation Pierre Fabre) et de notre hôte Virginie Seghers (Prophil), nous avons débattu des questions de transmission, de stabilité actionnariale et de souveraineté économique des entreprises françaises, un sujet qui revient de plus en plus souvent dans les échanges que j’ai en particulier avec les dirigeants de PME et d’ETI.

Dans les dix prochaines années, autour de 500 000 entreprises devront trouver une solution pour assurer leur continuité, préserver leur indépendance et maintenir leur ancrage dans les territoires. Et face à cet enjeu, il n’existe pas de modèle unique. Chaque entreprise a son histoire, sa culture, sa structure familiale, ses contraintes et ses ambitions mais la question de la pérennité est omniprésente dans l’esprit du chef d’entreprise.

Les fondations actionnaires sont une piste intéressante. Elles peuvent, dans certains cas, contribuer à stabiliser l’actionnariat, protéger un projet d’entreprise dans la durée et préserver une vision de long terme. Elles sont un outil parmi d’autres déjà adopté par une cinquantaine d’entreprises.
La bonne solution sera rarement la même pour tous.

Ce qui m’a particulièrement intéressé dans les témoignages entendus aujourd’hui, c’est qu’au-delà des mécanismes juridiques ou financiers, ils posent une question plus fondamentale : que souhaite-t-on transmettre ?
Une entreprise n’est pas seulement un actif économique, c’est aussi un savoir-faire, des emplois, des compétences, des valeurs et souvent une part importante de la vie d’un territoire.

Au Mouvement des Entreprises de France, nous avons la conviction que les dirigeants doivent pouvoir connaître l’ensemble des solutions qui existent pour préparer cette étape décisive. Notre rôle n’est pas de promouvoir un modèle unique mais d’aider les entrepreneurs à faire des choix éclairés pour l’avenir de leur entreprise.

C’est un sujet sur lequel nous continuerons à travailler avec les PME et les ETI partout en France.

Le ministre Roland Lescure, nous a rappelé dans son message sa conviction que les fondations actionnaires pourraient compter parmi les piliers du capitalisme de demain. Nous partageons son enthousiasme. Mais comme je l’ai glissé ce matin à Bercy, si les entrepreneurs apprécient les déclarations d’amour, ils apprécient encore davantage les preuves d’amour : stabilité des règles et de la fiscalité sur le patrimoine, visibilité et sécurité juridique pour préparer des transmissions qui se jouent souvent sur plusieurs décennies.